Introduction au Sens de la Vie, par Socrate

Publié le par Hugues Débotte

Que de choses se sont passées depuis que j’ai bu la ciguë et que je me suis tu (sans vilain calambour, dont je raffole) ! Presque 2500  années. Les années : celles manquantes pour admirer un nombre rond ne sont que gouttes d’eau dans la mer méditerranée du temps.

 

Tout ce temps, je l’ai passé à faire et refaire ce que je faisais à Athènes du temps des temps Antiques : observer, regarder, écouter, lire, comprendre, analyser, découvrir, échanger, interpeller, réfuter, discuter, méditer, débattre et philosopher.

 

 Autant vous avouer que je n’ai pas eu une minute de libre ! Et telle fut la raison de mon long silence. Donc, me voici de retour pour vous parler de tout ça.

 

Bien évidemment, même si on ne change pas avec le temps, j’ai quelque peu infléchi un certain nombre de choses au fond de moi, de ce que je pensais ou faisais – ou ne faisais pas. Ainsi, je me suis décidé d’écrire. Tel est le premier effet de la sagesse millénariste sur ma petite personne.

 

Car avoir laissé mes paroles à Platon ne fut pas une bonne idée. Enfin, ce n’était pas une idée, mais je savais bien que lui, riche et zélé, n’en ferait qu’une bouchée de mettre tout par écrit, et ainsi se faire une notoriété. Je ne lui en veux pas du tout, puisqu’il n’est plus là, alors que moi, je suis toujours là.

 

Sauf que sa perfidie  lui autorisa d’écrire le seul texte qui n’est pas de moi, et sans aucun doute son plus mauvais : « Des Lois », rigides et prétendument universelles et éternelles, qui se sont imposées à tort comme modèle et idéal à l’humanité toute entière.

 

Il a donc profité de ce qu’il n’était pas pour se diffuser lui-même, et on voit le résultat maintenant ! Pour dire : « Platon », c’est désormais le prénom de mon berger Allemand.

 

D’ailleurs, « La République » est elle aussi faussée, car j’ai beau y avoir en partie participé, Platon a quelque peu (beaucoup) déformé ma pensée et mes paroles. Nous, vous et moi, devons remettre tout cela à plat. Nous devons sortir de la caverne.

 

Et, quitte à ce que la planète entière me tombe dessus, j’en suis ressorti pour cette fois réfuter l’humanité toute entière, aveugle, naïve, soumise, esclave et passive à ce qui lui provient du passé.

 

Remettre en cause continuellement –à commencer par l’éducation que l’on a reçu de nos propres parents - , sans cesse, sans relâche, pour repartir d’un pied ferme et assuré. Voilà ce qu’il manque à chaque humain dès ses premiers pas debout sur ses deux jambes dès bébé.

 

Donc – et en attendant –, le problème avec la parole, c’est que cela ne reste pas et devient source de déformation. Et le problème avec les écrits, c’est que cela reste et que chacun l’interprète à sa façon – sans parler des malentendus et distorsions lorsqu’on passe d’une langue à une autre.

 

Grave dilemme pour devoir faire un choix impossible entre que dire ou qu’écrire. Mais vous l’aurez compris. Il fallut mettre les pendules à l’heure. Et puis 2400 ans d’observations, cela méritait bien un petit écrit de 500 ou 600 pages, non ?

 

Puisque j’ai regardé l’humain, premièrement, l’approche porte évidemment sur lui. Et, deuxièmement, puisque je suis philosophe – parait-il –, une autre approche plus complète fut ensuite nécessaire.

 

Donc, premièrement, une photo, subjective et critique. Puis, deuxièmement, une vue d’ensemble, objective et philosophique, avec au passage, table rase sur ce que mon élève a pu faire de pire avec ses « lois » et sa « république », qui inspirèrent tant les pouvoirs religieux monothéistes et légitima leurs exactions abusives.

 

Le temps des philosophes, des sages de la cité, est revenu. Youpi !

 

Mais attention, pas n’importe quel type de philosophe.

 

Surtout pas ceux enfermés dans leurs bureaux et leurs livres, avec leurs mots et vocabulaires à eux, qu’eux seuls comprennent entre eux. Ceux-là ne sont pas des philosophes, mais des penseurs intellectuels ou des intellectuels penseurs, au choix.

 

Le retour des philosophes donc, mais ceux qui sont en phase avec le sens même de « philosophie », à savoir interpeller le monde, réfléchir avec lui, questionner les humains sur leurs existences.

 

Car on ne peut pas philosopher si on le fait seul dans son coin, sans les citoyens, sans les gens, sans les humains, sans la plèbe, sans le peuple ! Autrement, quelle légitimité y aurait-il à donner le « sens de la vie », si cela se fait sans elle ?

 

 

L’humain. Trop, selon Nietzsche. Pour aborder les choses dans l’ordre, il fallait commencer par le commencement : « les hommes entre eux ».

 

Avec comme angle d’attaque, ce qui de nos jours est un mode de vie, mais qui du temps des temps Antiques était dissout dans la société : les comportements dits homosexuels, ou en plus moderne, « gay ».

 

Qu’est-ce que ces oiseaux là ? Depuis quand existent-ils ? A quoi renvoient leurs caractéristiques ailleurs et en d’autres temps ? Quel esprit ont-ils ? Qui sont-ils ? Pourquoi a-t-on rangé certains individus dans cette « case » ? Que fait-on des autres qui sont en partie mais pas complètement comme eux ?

 

Mécaniquement, et parce que la nature humaine est tout sauf simple et claire – sinon ça serait trop facile, tu parles ! –, il était nécessaire de décortiquer la partie non-visible de l’iceberg dans les comportements sociaux, amoureux parfois, sexuels (enfouis) souvent, des « autres » hommes. Ceux que la vulgarité sociologique classe maladroitement dans la case « bi » ou « hétéro ».

 

 

Ceci étant fait, et même si rien n’avait encore vraiment été fait, il fallut s’atteler à l’autre pan de l’humanité : la femme. D’où, tout simplement, « les hommes et les femmes ».

 

Alors là, je dois dire – enfin, plutôt écrire – que ce fut un régal. Car il n’y a rien de plus compliqué, beau, passionnant et chiant que de cerner, comprendre et vraiment apprécier ce que les femmes sont.

 

Dans ce domaine, celui des femmes, et j’y reviendrai souvent voire lourdement dans le présent petit écrit de 600 pages, quelque chose de très important a changé par rapport au temps, au passé (et a changé aussi en moi, qui fus quelque peu imprégné par la mentalité machiste de l’époque Antique).

 

Non seulement, la femme n’est plus exclue de la société citoyenne tel un esclave, un enfant ou un animal, comme elle le fut au temps de Zeus, mais surtout la science (financée spécifiquement par une femme féministe millionnaire), lui a donné le pouvoir de la contraception et l’a libérée de la dépendance inhérente par son corps à son rôle « naturel » biologique dans la reproduction de l’espèce.

 

D’ailleurs, je suis toujours étonné qu’avec cet atout majeur et inestimable, il puisse encore y avoir de nos jours autant de jeunes filles moyenâgeuses et archaïques qui, dès qu’elles ont 20 ans, n’ont qu’une idée en tête : se marier pour faire des gosses, au lieu de profiter de la vie et vraiment prendre le temps de connaître les hommes avant d’en choisir un dans l’urgence et sans vraiment réfléchir. Mais j’ai ma petite idée sur le pourquoi de ce phénomène conservateur, j’y reviendrai, soyez en sures !

 

 Au travers de cette révolution quasi anthropologique qu’est la pilule contraceptive, l’analyse a été aussi poussée que possible, et même si elle est loin d’être finie, sur les conséquences sur le présent, pour le futur et en rapport avec le passé, sur les relations homme-femme, sur l’appréciation de ce qui diffère du masculin et du féminin, sur la relation de l’individu au sexe, au couple, au corps, à la famille, aux enfants, et donc à la reproduction elle-même.  Et même aux relations entre femmes.

 

 

Mais en plus de 2000 ans, il y a quelque chose de salutaire qui aie été fait, c’est la remise en cause intrigante,  car partielle et en cours, de Zeus. Enfin, ce qui est appelé actuellement « Dieu ».

 

A avoir cru bon de tout ramener à une seule et unique croyance, une partie de l’humanité en a tué son propre dieu unique.

 

La soif de pouvoir, de puissance et d’absolu n’a jamais eu son pareil comme phénomène social et politique dans l’Histoire de l’Humanité. A se croire tout permis du fait de cette verticalité quasi-directe – en contraste total avec le cercle de déesses et de dieux autour de Zeus – , les hommes se sont pris pour dieu lui-même.

 

Pire : à l’instar et en ne faisant que copier la bêtise Platonicienne, sa parole a été écrite et sellée dans le marbre et le bêton des prêtres avides de contrôle de leurs ouailles, alors que dieu ne fait jamais de maçonnerie même si c’est un sacré bâtisseur.

 

Car, étant partout, universel, accessible à tous, pourquoi aurait-il donc besoin de mettre par écrit et avoir des intermédiaires pour s’adresser à tous les hommes ? Ce serait très contradictoire de sa part ! Mais j’y reviendrai plus approfondément.

 

Etrangetés du monothéisme : le rejet des déesses, de la femme, du corps, du sexe – qui n’a qu’un rôle reproductif – , du plaisir, du charnel, de la liberté sexuelle, de l’apprentissage du corps pour les hommes entre eux par le sexe et le sport : bah, oui quoi ! c’est pas une femme qui peut nous apprendre comment fonctionne notre « zizi », puisqu’elle n’en a pas ! Bref, rejet – hypocrite qui plus est –  de  tout ce qui nous fait humain.

 

A ce décorticage « JCM » (acronyme qu’il vous faudra adopter car il revient très souvent puisqu’il abrège le « Judéo-Chritiano-Musulman »), a suivi dans les fondements-même  et le contenu une approche plus complète des relations des hommes avec le sacré, le mystique, l’inconscient, le symbolisme et l’inconnu, rangeant au placard les trois religions monothéistes, dont nous verrons qu’elles ne sont que  parenthèses temporaires et provisoires de l’Histoire.

 

 

Voilà pour le premier « Livre », celui subjectif et incisif. Celui où je me lâche tant l’Humanité m’a agacé dans sa bêtise pendant tous ces siècles de gâchis et de perte de temps pour pas grand chose, hors mis les avancées spectaculaires de la science et des chercheurs en tout genre – y compris et surtout les historiens et les mathématiciens.

 

Car, oui, je le dis ici : même l’art a été perverti par la culture JCM, vendant son âme aux deniers de l’Eglise, lui passant commande de bâtiments, de tableaux, de sculptures, de musiques pour glorifier le culte en place.  Et ce autant à Rome qu’à Babylone.

 

Autant en Occident qu’en Orient. Autant chez Jésus, que chez Mahomet. Et ce n’est pas parce que cela rend contemplatif que cela excuse la prostitution morale qui a conduit à l’existence de toutes ces « œuvres ».

 

Pour commencer le second livre, le « deuxièmement », objectif, philosophique, il aura fallu arpenter à nouveau les rues, comme lorsque je me promenais à la rencontre des habitants d’Athènes antique, à philosopher avec les autres.

 

Chemin qui me fit rencontrer entre autre nombre de personnalités du monde tels le Dalaï-lama, Jésus, Mahomet, Paul de Tarse, Nietzsche, Kennedy, Hitler, Gandhi, Marx, Mozart, Vercingétorix, Napoléon, Mendes-France, Suntzu, Einstein, Onfray, Freud, Mitterrand, Pascal, Marie Curie, Mandela, Staline, Walt Disney, Goethe, Descartes, Christophe Colomb, La Princesse Diana, Simone de Beauvoir, Sœur Thérèsa, Mickael Jackson, Michel Foucault, Superman, Green Lantern et même Bart Simpsons – qu’est ce qu’on s’est enfilé comme bières lui et moi !

 

Même si le premier grand chapitre-livre fut instructif à avancer, j’avoue encore ici que le second fut un réel bonheur à enrichir. Car redonner les lettres de noblesse à la philosophie,  cette matière délaissée au profit de l’obsession de l’argent, du travail, de l’économie de marché, était l’objectif le plus plaisant qui soit à atteindre.

 

Repenser et « repanser » le corps, l’art, les idées, tel fut le but de cette approche provocatrice dans un monde matérialiste et hyper abstrait à la fois, distant et déshumanisé, par les ordinateurs et internet, et par le pléthorique amas de choses et d’objets inutiles qui encombrent les  vies des humains, étouffant  l’  « Etre » par l’ « Avoir ».

 

D’ailleurs, là aussi une interrogation simple. Je me suis demandé : mais comment feraient-ils si un cataclysme de source humaine se produisait comme tant de fois dans l’histoire de la planète ? Ils n’ont plus de jardin, de basse-cours, d’élevage ; ils dépendent tous de leurs « supermarchés » et ce qui les alimente. Ils s’entretueraient, ouais ! A en devenir cannibales, sure et certain !

 

Et que resterait-il de cette civilisation si on coupe le courant alors que tout fonctionne à l’électricité ? Comparé aux pyramides, aux papyrus, au Colysée, bibliothèques antiques, aux pyramides Incas ou aux dolmens et menhir celtes ? Rien. Absolument rien sinon la statue de la liberté et la tour Eiffel qui ne disent pas grand-chose une fois isolées.

 

Comparez cela rien qu’à la trace de ma pauvre existence avant l’arrivée de Jésus, et le fait que ma pensée est encore là. Certes avec les écrits de Platon. Mais ce ne sont pas les miens. Et il ne fut pas le meilleur de mes élèves, sinon je ne me serai pas condamné à boire la ciguë.

 

Aujourd’hui, vous appuyez sur l’interrupteur électrique et les ordinateurs qui contiennent tout , ou presque, de ce qu’est l’humanité actuelle, cela devient inaccessible et disparait.

 

Donc, pour le second livre plus objectif, il fallait reprendre ce qui ne s’efface pas avec l’arrêt de l’énergie électrique. Autrement dit, les idées. Il fut le plus passionnant à écrire mais aussi le plus difficile, tant mes neurones étaient rouillés.

 

 

Ce travail passa par trois étapes essentielles et simples.

 

La première, un positionnement de l’existence humaine au fil des millénaires. Voir ce qui a été derrière, savoir ce qui est actuellement et pour encore un certain temps, puis définir ce qui en serait la suite logique. Ce ne fut pas une mince affaire, mais ce fut facilité par la jeunesse de notre espèce.

 

La seconde, une réfutation de ce qui a fait tant de dégâts depuis 2500 ans. A savoir le socle entier qui servit de modèle aux hommes de pouvoir dans les siècles qui ont suivi : la « République » de Platon, et surtout ses perfides et nocives « Lois ».

 

La troisième et dernière, une définition de ce qu’est ce qui nous manque, une nouvelle philosophie de vie, une méthode pour donner un sens à la vie que nous menons de notre naissance à notre mort.

 

Et parce que ces lignes parlent de la vie, ce chantier ne pourra et ne devra jamais être considéré comme terminé.

 

D’ailleurs, il porte bien son nom : chantier. D’autant que cette fois, les bâtisseurs, c’est nous, pas dieu.

 

Pour le  continuer, chacun-e peut y participer sans discontinu. C’est le premier livre vivant qui soit.

 

C’est pour cela que, malgré le talon d’Achille majeur de la Toile de dépendre de l’électricité, et en attendant que les forums, les agoras et autres rassemblements citoyens propres à philosopher ensemble fassent leur apparition en masse, internet est le moyen de faire vivre ce livre.

 

Car finir sur des concepts et sujets majeurs ne se traite pas par un seul homme, même si il s’appelle Socrate.

 

Toute l’Humanité doit s’y mettre au lieu de passer son temps à se taper sur la gueule pour une femme, pour de l’argent ou pour dieu.

 

Telle est donc ma volonté, la raison essentielle de mon « retour » 2500 ans après avoir bu la ciguë : faire un point sur la situation et rebondir pour aller plus loin dans la pensée.

 

Alors ne perdons pas une seconde de plus et prenons le chemin de la conscience et de la philosophie, pour tenter de dire ce qu’est « le sens de la vie ».

 

Bien à vous,

 

                                                               Gros bisous,

 

Votre dévoué,

 

SOCRATE

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