LA SECONDE REVOLUTION FRANCAISE
Qui a dit qu’en 1789 la Révolution Française fut une Révolution et pourquoi ? Essentiellement les Historiens après coup, et parce que le « peuple », mot fourre-tout qui en fait désignait surtout le peuple Parisien, qui a pris la Bastille, symbole d’emprisonnement des penseurs et opposants au régime monarchique, ont renversé le pouvoir royal en place, ont aboli les privilèges des Nobles, ont coupé la tête du roi comme symbole radical de fin dudit régime et ont 116 ans plus tard séparé l’Église et l’État faisant de la France un Etat officiellement laïque depuis 1905. Et bien sûr, ont pondu les arrogants droits de l’Homme, leurre collectif. Est-ce que cette Révolution est aboutie ? Non. Pourquoi ? Parce que la source des privilèges est toujours là : la propriété immobilière. Elle a simplement changé de mains.
Alors, si le travail n’est pas terminé, « à qui a profité le crime ? » depuis toutes ces années? Les bourgeois. De nos jours, les propriétaires, les hauts revenus, les cadres, les aristocrates, les nouveaux riches, les boursicoteurs, les hauts fonctionnaires, les banquiers, les financiers, les femmes et hommes d’affaires, les « bobos » des quartiers gentrifiés dans les grandes villes, sans compter quelques nobles qui ont pu passer au travers des mailles du filet et conserver l’héritage de leurs royaux ancêtres : bref, toutes celles et ceux qui ont le pouvoir financier à portée de main pour s’approprier sans trop prendre de risques de tels biens.
Qui a allumé la mèche en 1789 ? Certains diront le Roi Louis XVI, en convoquant les Etats Généraux en janvier 1789, autrement dit les députés du moment, à savoir le clergé (l’Eglise), les nobles (les propriétaires), et le tiers-états, tout le reste des habitants du royaume, mais à ce moment là composé essentiellement de bourgeois. Le « peuple » là dedans ? Il n’y est pas. Pourquoi Louis XVI a-t-il fait cela ? La dette de l’État, en crise financière. D’autres diront que ce sont donc les Bourgeois, révoltés de se voir encore plus taxés face aux nobles et le clergé, détenant quasiment tout dans le pays mais payant presque rien en impôts divers et variés.
Le baril de poudre ? Les pauvres, ou disons les paysans, autrement dit l’ultra grande majorité de la population qui forme le pays « France ». Dernier maillon de la chaîne, qui est au final vampirisé et étranglé financièrement par tous les autres. Élément essentiel, la « base », comme diront certains, tellement à l’agonie que ce « peuple » n’arrive plus à manger et ne fait que survivre à cause des fastes du Roi et de tous les profiteurs des Etats Généraux.
Au début du XXIème siècle que nous vivons actuellement, le tiers-état a lui aussi changé de main, de nature de composition : ce sont les 9 millions de citoyens sous le seuil de pauvreté, soit 14,1 % des 66 millions de Français. Autrement dit, les mal logés, les sans abris, les exclus, les pauvres, les RSA, les chômeurs de longue durée, etc dont je fais actuellement partie (en octobre 2018). A ces 14,1 % doivent s’ajouter bien d’autres : celles et ceux qui sont tout juste entre le seuil de pauvreté et en dessous du « salaire médian » sinon du SMIC. Soit 1,4 millions au SMIC (2,12%), du seuil de pauvreté au SMIC (3%), et jusqu’à un salaire net quelque peu descend de 1500 € par mois, il y a encore environ 22 %. Soit un total, certes discutable dans les marges et considérations mais de 14+2+3+22 = 41 %.
Quoiqu’il en soit, un chiffre plus simple, mieux connu et admis parle à lui tout seul : 50 % des richesses du pays sont détenus par 10 % des citoyens. Où donc les privilèges ont-ils été abolis ? Personnellement, je ne le vois pas. Ils sont toujours là. Les nouveaux nantis ont pris la place des privilégiés de l’Ancien Régime d’avant 1789. Comment est-ce donc possible ? Tout simplement parce que les bonnets rouges ont oublié une chose : abolir la propriété. A ce moment là, l’État Français n’est pas simplement passé d’une monarchie à une République, créant les départements et s’octroyant les terres des Nobles. Il est devenu un jeu de monopoly où tout s’achète et tout se vend au plus offrant, et donc à commencer par les terres des privilégiés, leurs biens immobiliers et donc la propriété.
Guerre Civile. Le mot fait peur. Et pourtant, c’est ce qui se passa en 1789. Comme celle en Espagne dans les années 1930 contre Franco, à laquelle mon grand-père maternel français a participé. Et elle arrive, à nouveau, en France, la seconde révolution Française. Celle du XVIIIème siècle montra l’exemple au monde entier sur le principe d’être en brèche grande ouverte pour renverser le pouvoir en place, couper les têtes des nantis et instaurer un système imparfait mais qui cherche à être plus juste, à commencer par la fiscalité.
Par ses caprices, son mégalomaniaque château de Versailles, ses folies des grandeurs, ses guerres et autres fariboles, Louis XIV a laissé une telle dynamique d’endettement de l’État qu’il a obligé Louis XV et Louis XVI à ne faire qu’accroître les restrictions des pauvres, taxer les bourgeois encore plus, tout en continuant à parader, s’enivrer, se goinfrer, faire la fête et jouer de débauche, de piano et de harpe, et autres amusements artistiques à leurs gloires.
Parce que c’est dans ses gènes, la classe dirigeante Républicaine n’a fait que réitérer cette culture de l’inégalité, l’absence réelle de fraternité, tout en reconduisant régulièrement une logique liberticide par abus de pouvoir et autres manipulations cyniques. Liberté, Egalité, Fraternité sont une vaste fumisterie maintenue en place par les intellectuels et dirigeants de tout ordre, profitant du système qui n’a fait que reprendre la relève de l’Ancien Régime. Juste la forme a changé, par le fonds.
Et de la même façon que Louis XIV, par gloutonnerie des prolifiques et temporaires « trente glorieuses » (de 1945-1950 à 1975-1980) dues logiquement et uniquement à la reconstruction après guerre, les générations de cette période ont laissé 2000 milliards d’euro de dettes aux générations à venir, dette uniquement constituée des intérêts pour les banquiers privés alors que les emprunts principaux ont été quasiment tous toujours remboursés. Autrement dit et au final, pour nourrir toujours les mêmes selon de nouvelles règles à leur avantage imposées dès la fin des mêmes trente glorieuses.
Contrairement au XVIIIème siècle, la révolte qui gronde a un nom au XXIème siècle. C’est du à l’ère du temps, celui du marketing, des étiquettes, des logos et de la communication. Nous pouvons les identifier et leur donner un nom : l’extrême droite, l’extrême gauche, les abstentionnistes, les anti-systèmes. Mais au fond, quelles différences avec les colères d’avant 1789 ? Aucunes. C’est la même rage. Colère, injustice, pauvreté, nantis, surendettement de l’État, privilèges des uns, exclusion des autres : même cocktail explosif.
Les prochains « Révolutionnaires » qui vont se manifester d’eux-même sans se déclarer comme tels auront alors une mission double : que les meneurs proviennent réellement cette fois du « peuple » et d’abolir la propriété, virus économique de l’humanité depuis qu’elle est sédentaire. Les révolutionnaires auto-déclarés ne sont que calqués sur le passé, attendant la Révolution, comme les Chrétiens attendant le retour du Christ. Ceux-là seront vite dépassés par la réalité des choses lorsque la guerre civile éclatera.
Au delà de quelques exceptions marginalisées mais éclairées bien que extrémistes (Mélenchon, Le Pen, le NPA, etc.) ou le trop rare modéré non-vraiment démocrate mais suffisamment au fait des choses, François Bayrou, l’aveuglement sur la réalité des choses et sur ce qui va arriver, est assez hallucinante. Nous sommes réellement face à une bande d’autistes socio-politiques en puissance.
Même Emmanuel Macron et la République en marche qui voulurent faire preuve de réalisme ont fait fausse route, voire ont trompé tout le monde grâce ou par une capacité de markéting diaboliquement efficace. Car cette vague de « changement » est celle de celles et ceux qui réussissent, face à celles et ceux à la marge qui ont cru que cela contribuerait à leur mieux être, alors que les dés étaient pipés dès le début. Une fois encore, le « peuple » s’est fait avoir.
Quoiqu’il en soit, s’auto-déclarer Révolutionnaire est stupide, ridicule et non-crédible. Car c’est se poser en historien par avance et par procuration sur ce qui fait l’Histoire. Or la seule chose qu’il y ait à faire, c’est de prendre les armes et couper des têtes, comme en 1789. Et surtout, cette fois, finir ce qui a été commencé et non achevé il y a 230 ans : abolir la propriété privée et instaurer le bien coopératif non-étatique.
Nous sommes de plus en plus nombreux à prendre conscience qu’un nouveau conflit mondial est proche, que nous soyons encore sous la Seconde Guerre Mondiale ou bien que ce soit la Troisième. De toute façon, les jouets et caprices d'Europa et sa fille America seront tous ruinés ou cassés, autant que cette double-civilisation disparaitra, au profit des Chinois et de l'Afrique renaissante. Nous nous demandons tous qu’elle sera la mèche qui va embraser la Planète. Quelque chose me dit que ça proviendra de chez nous. Mais je peux me tromper, je ne suis pas Nostradamus.
